La suite des aventures d'Arthur n'est en fait que la première partie du troisième volet... Compliqué ? Un peu longuet, surtout, cette intro !
Article de Ariane Allard 
C'est sûr, a priori, les enfants ça grandit. Et les petits acteurs n'échappent pas plus à cette croissance irréversible que les petits spectateurs. Calquant sa démarche sur celle de l'entreprise Harry Potter, Luc Besson et sa « team » ont donc choisi d'accompagner cet essor, tentant, à leur façon, de « grandir » eux aussi avec cette suite des aventures d'Arthur et de ses Minimoys mignons. Histoire, peut-être, de ne pas trop revoir leurs espérances à la baisse (plus de 6 millions d'entrées en 2006 pour le premier volet, la barre est haute en effet)...
Comment ? D'abord, très judicieusement, en élargissant leur palette graphique : Arthur et la vengeance de Maltazard, le second épisode, rivalise de trouvailles en terme de décors, de personnages (les anciens ont légèrement vieilli et nombre de nouveaux sont apparus), d'animaux-montures, de végétaux ou de couleurs. Ces dernières, de fait, sont beaucoup plus flatteuses qu'il y a trois ans dans la partie animée du film, la partie « réelle » restant, elle, scotchée sur l'esthétique Norman Rockwell mâtinée d'Edward Hopper (le Connecticut en Normandie, ça dépayse). On ne peut que louer cette ambition visuelle – de part et d'autre du jardin d'Arthur, quel que soit le monde dans lequel il évolue – surtout si l'on se souvient de la platitude des scènes « live » du long métrage originel. Idem pour les effets spéciaux (notamment, une séquence spectaculaire avec des lianes) : les petites mirettes du jeune public devraient être ravies.
En revanche, l'iconographie vintage années 50 autour des parents et grands-parents en chair et en os (est-ce la raison pour laquelle les comédiens américains surjouent ?) peut agacer les plus âgés. C'est drôle comme un certain cinéma français aime jouer ce petit air flûté et nostalgique sur le « paradis originel », ici à la façon d'un Jean-Pierre Jeunet qui, tout à coup, se serait échappé des ruelles escarpées de Montmartre ! Idem, d'ailleurs, pour la tonne de bons sentiments qui s'ébrouent et s'abattent sur la maison d'Archibald, l'adorable aïeul aventurier.
Un peu tard
Reconnaissons, cela étant, que le message écolo de l'ensemble n'a pas attendu la gloire récente de Yann Arthus Bertrand pour se déployer : il existait déjà dans le premier opus. Et puis, chez Luc Besson, les enfants sont pris littéralement pour ce qu'ils sont : l'avenir de la planète. C'est chouette, non ? Par ailleurs, cette douce lumière campagnarde, blonde et désuète, qui nimbe les scènes familiales n'est, finalement, pas si inintéressante : à l'opposé d'un des lieux souterrains les plus attractifs des Minimoys, elle ne le met que plus en valeur ! Oyez, oyez : s'il est une adresse à conserver de ce nouveau tour estampillé EuropaCorp, c'est bien celle de la Paradise Alley... Une sorte de mix improbable mais réjouissant entre Broadway, Pigalle et... Blade runner : c'est dire si, nanti des voix (en VF) de Rohff, Omar et Fred, l'on est preneur.
Le hic, c'est que l'on y arrive assez tard, dans ces entrailles-boulevard. C'est peut-être là, d'ailleurs, que se trouve la vraie faiblesse de cette suite : sa dramaturgie déséquilibrée (trop de live, pas assez d'animation). Au final, l'ensemble du film s'apparente à une longue scène d'exposition. Une intro, pour reprendre un terme plus approprié à la cible écolière. Car oui, en réalité ce numéro 2 est la première partie du numéro 3. Entendez que le gentil Freddie Highmore attaquant l'adolescence à grands pas – oscillations incertaines de la voix et de l'épiderme mêlées –, les deux volets (d'une même histoire, en fait) ont été tournés dans la foulée. Quitte à les séparer sur un cliffhanger un peu rude. Le souci, c'est que l'on a le sentiment que cette Vengeance de Maltazard s'arrête en plein milieu. Et que l'essentiel se jouera la prochaine fois.
En terme de teasing, c'est sans doute habile. Mais les accros, les plus petits notamment, vont quand même devoir attendre un an pour en connaitre le dénouement. Un an, c'est beaucoup dans la vie d'un enfant. Gageons que la foultitude de produits dérivés qui ne manquera pas d'assaillir leur arbre de Noël empêchera leur petite mémoire de flancher.