La Chasse (Cruising)




New - York, Greenwich Village, la police enquête sur deux meurtres d’homosexuels. Les enquêteurs estiment que ces actes sont l’oeuvre d’un seul et même tueur. Steve Burns, jeune policier en uniforme, se voit alors confier une mission d’infiltration de la communauté Gay afin de trouver le meurtrier.

Sous ses aspects de polar « classique », Cruising nous entraîne en fait dans un univers sombre caractérisé par sa crudité. Friedkin n’épargne pas son public, mais il a ici le mérite dépasser de nombreux clichés tout en nous poussant rapidement dans nos retranchements. Souvent une telle approche, de par son agressivité, est à même de remplir son objectif en embarquant le témoin à l’intérieur de la trame.

Pourtant ici cette infiltration d’un policier ressemble plus à une étude sociologique qu’à un une fiction, de plus il s’agit d’une étude sociologique très difficilement soutenable. Le personnage interprété par Pacino intériorise ses sentiments… d’où la faiblesse des dialogues. Or, s’il est vrai que Pacino est un acteur d’exception, il n’en demeure pas moins que la compréhension du comportement de son personnage nécessiterait certainement l’ajout de sous-titres. Certains y verront une preuve de subtilité, nous n’y voyons, au contraire, qu’un défaut de subtilité. Il faut rajouter que la lenteur de la trame, qui s’étale durant presque deux heures, s’emploie à plonger rapidement dans un état de perplexité.

Cruising n’est, au final, intéressant que pour l’étude du jeu de Pacino, qui demeure durant toute la durée du film le seul élément susceptible de mériter notre attention. Pacino, après avoir incarné un justicier sans reproche dans Serpico, pris le risque de mettre son image en danger en interprétant un personnage ambigu à la psychologie complexe. Toutefois l’intérêt que peut susciter le jeu de Pacino n’apparaît, malheureusement, pas suffisant pour s’obliger à voir un film aussi long.



Fiche du film


Logo IEUFC