A la rencontre de Forrester (Finding Forrester)

A la rencontre de Forrester (Finding Forrester)

A la rencontre de Forrester (Finding Forrester) 3 étoiles

Un film de Gus Van Sant

Avec Sean Connery, F.Murray Abraham, Robert Brown, Anna Paquin, Busta Rhymes, April Grace, Michael Pitt

Article de Samir Ardjoum


Il faut aller de l’avant, toujours faire face à ses propres démons. Littérature, cinéma, peinture, pléthore de prouesses artistiques réunies pour une même cause, vivre libre. Où se cache cette cause juste et belle ? Nulle part ! Il faut fermer les yeux et se laisser guider par ce je-ne-sais-quoi qui fait frémir, qui embellit vos pensées et qui vous fait pleurer. Ce truc, Forrester le cache tel ce précieux coffret que l’adolescent peine à dénicher. Qui est Forrester ? Vous, eux, moi ?

Gus van Sant est âgé de 48 ans lorsqu’il filme la nonchalance exquise de Sean Connery dans Finding Forrester (A la rencontre de Forrester), très belle commande hollywoodienne qui se bonifie à chaque vision. Le génie underground continue de filmer l’adolescence avec sobriété et intelligence sans faire abstraction de ce ressentiment que nous avons tous eu : avoir 16 ans, ce n’est pas le pied !

D’abord la lutte. Gus Van Sant confronte un jeune adolescent black, amoureux des lettres et futur grand écrivain à un vieil ermite, bougon, sosie de JD Salinger (auteur du cultissime Attrape-cœurs) tiraillé entre un bon JB Walker et ses souvenirs de son Ecosse fétiche. Puis la couleur. Celle qui magnifie la peau de Jamal, celle qui transperce le cadre ensorcelant du cinéaste, celle qui rend le sourire au vieux Forrester, celui de l’envie. Enfin la musique. Symphonie qui traverse les terrains de basket-ball de New York, qui rythme le pas des sorciers des mots, qui titille l’esprit des migraineux et qui apaise les frayeurs des nuits agitées.

Finding Forrester est une œuvre légère dans la filmographie révoltée de Gus Van Sant. Etrangement, elle annonce les contemplations silencieuses de Gerry et de Elephant mais avec une forme plus classique, un cahier des charges propre aux grands Studios et sans folie douce-amère. Il ne faut pas pour autant dénigrer ce savant mélange des genres, cette utilisation subtile des codes narratifs des commandes hollywoodiennes et surtout cette immense aptitude à filmer un fantôme qui passe. Lequel, celui des regrets. Un coup de vent et hop ! Plus personne…

Fiche Film

Logo IEUFC