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Cinéma et psychanalyse

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La sortie prochaine du nouveau film de Cronenberg est l´occasion de discuter des liens ténus entre le cinéma et la psychanalyse.

Le cinéma, à bien des égards, s’avère le médium idéal pour illustrer les théories des diverses écoles de la psychanalyse. Les histoires les plus audacieuses comme les interprétations les plus folles permettent un étalage de névroses fascinant. L’approche purement visuelle est également l’occasion par les compositions de plans ou un montage réfléchi et/ou par association d’idées de laisser filtrer un ressenti de l’ordre de l’inconscient, de l’interdit à travers la pellicule. Tous ces éléments ont toujours été présents au cinéma notamment au temps du muet qui évitait la lourdeur explicative de certaines tentatives du parlant.

Cependant, à partir du début des années 40, certains cinéastes plus ouvertement intéressés par la question ajoutèrent à la pure symbolique visuelle des éléments explicitement issus de la psychanalyse. C’est par le cinéma de genre que s’engoncera cette tendance et plus précisément le thriller prétexte à toutes les audaces. Hitchcock fera figure de précurseur avec la séquence de rêve conçue avec Dali sur La Maison du Docteur Edwardes avant de prendre un tour plus alambiqué et provoquant dans Psychose et surtout Marnie. Preminger (bien que nombre de ses films noirs suivent cette tendance) lui emboîtera le pas avec le très inquiétant Bunny Lake a disparu même si une œuvre méconnue comme le classique anglais Le Septième Voile fit école en son temps.

Peu à peu avec l’exposition de nouvelles contrées et courants cinématographiques ainsi que la libération des mœurs, la question s’immisce plus crûment dans les films. Cela donnera le cauchemardesque Répulsion ou encore l’oppressant récit familial de Cris et chuchotements. Enfin, des cinéastes plus cérébraux feront de ces notions psychanalytiques l’argument prépondérant de films labyrinthiques et malsain tel Haneke ou Cronenberg dans La Pianiste et Spider. Vaste thème s’il en est que nous avons essayé d’aborder dans des films variés, du plus reconnu au plus oublié.

Bonne lecture avant un prochain Coin du cinéphile consacré à Walter Hill.


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