La Loi Hadopi fait des siennes...

La Loi Hadopi fait des siennes...

... et c'est tant mieux ! Rejetée le 9 avril, elle sera malheureusement revotée le 29 avril. En attendant la prochaine réunion parlementaire, manifestations et soutiens s'organisent. Après les explications de Joseph Paris, revenons sur l'Etat et la loi.


Article de Clémence Imbert


Après le barbare nom Davdsi, c'est au tour de la loi Hadopi de faire des ravages, abréviation pour le moins enfantine mais non emplie de vérité et de lucidité comme semble l'indiquer généralement la bouche des enfants. Il faut le reconnaître, difficile est de se retrouver dans les palabres politiciennes toujours bon gré mal gré dirigées vers les partisans et leurs futurs votes. Affaires d'avidité, de pouvoir et de lumière, telle est le faste d'un débat sans fin qui efface les principaux enjeux comme le droit d'auteur et la liberté individuelle car pourquoi s'acharner à revoter une loi liberticide ? (Ralamax Prod)


Le jeudi 9 avril, au lieu de dire Oui-Oui, les députés ont voté Non-Non et rejeté cette loi Création et Internet. O joie ! Mais derrière ce cri du coeur se cache la bien mauvaise surprise d'un hémicycle vide, de députés de gauche comme de droite absents. Cette fois-ci, qu'on ne vienne pas arguer que la culture est une affaire de gauche. Ni l'un ni l'autre des deux partis majoritaires ne peut rattraper l'autre en matière de culture actuelle. Le monde a bien changé...Et c'est justement ce changement qu'il faut endiguer.

« Les Français sont les plus grands pirateurs du monde » Luc Besson
Bien malheureux et paradoxal est le comportement à observer face au piratage, entre morale et intérêt personnel, point de départ des lois Dadvsi et Hadopi. A longueur de journées, les médias nous rappellent que la crise est belle est bien aussi forte que 1929 et les politiques maintiennent leur fond de commerce par ce biais voire en bâtissent leurs programmes pour la futur course aux Européennes. Alors qui peut se sentir coupable de pirater, de partager des fichiers, films, musiques, séries...? Qui se refuse, par hâte spectatorielle, de s'offrir, sans luxe mais uniquement par le truchement accessible et efficace qu'est Internet, de voir en même temps que les américains leurs séries, de ne pas attendre vainement 6 mois à 1 an la diffusion de la nouvelle saison, qui plus est doublée au grand dam de la singularité et du caractère des épisodes ? Mais soyons lucide, le peer-to-peer comme le Streaming non reconnu par les FAI (par exemple, le conflit qui a opposé Luc Besson et BeeMotion (site de streaming) hébergé par Free) est bel et bien du vol, le dénigrement du droit d'auteur. et la course à une culture mondiale, par conséquent un paupérisation d'identités artistiques. Questions à rebonds, boomerang qui revient sans réponses, que penser des causes, des conséquences et des enjeux de la loi Hadopi ? Tout le paradoxe est là : pirater ne veut pas dire tirer un trait sur l'achat d'un disque, d'une place de cinéma...Le piratage comme le sous-entend la loi Hadopi n'est acte criminel, loin de là.

Loi Hadopi : faille de l'Etat
Face à la phrase de Luc Besson citée ci-dessus (datant de février), les foudres furent déclenchées et révélèrent que l'enjeu qui se cache derrière la loi Hadopi n'est autre qu'Internet et ses pouvoirs mercantiles. Décrétée manne financière, le gouvernement Sarkozy n'a pas tardé à déployer lois et autres commissions afin de crédibiliser sa démarche. Or, force est de constater que manipulations et dérives de la logique démocratique ne font que renforcer l'aspect autocratique d'un gouvernement censeur des autres pouvoirs. Après les nominations des patrons de certains musées et des chaînes de TV, Sarkozy vise Internet, c'est-à-dire le contrôle médiatique et individuel. Bien que rien ne soit simple dans la compréhension d'un texte législatif, les analyses autrefois nécessaires ne méritent désormais que futilité. Ni sueur, ni prises de tête, déceler les grains de sable du gouvernement réside dans le constat d'un management entrepreneurial de la société et d'artifices menés par les ego. Pour preuve la création de multiples commissions inutiles, reflet d' entourloupes ministérielles ; soit le voeux de duper les citoyens en faisant participer d'autres membres que des politiques.

Ainsi, avec un ministre de façade non décisionnaire, Sarkozy préfère appeler à la rescousse ses « amis » et les nommer à la tête de commissions, comme deux dirigeants d'entreprise à visée commerciale. Souvenons-nous de la commission Oliviennes, dirigé par le patron de la Fnac et aujourd'hui Marin Karmitz, à la tête d'une commission sous forme de Ministère que de la culture Bis. Autrefois cinéaste de La nouvelle Vague désormais aux mains de MK2, naviguant entre coup de gueules narcissiques et coups médiatiques d'intérêts, il dirige cette commission dont l'utilité n'est pas prégnante mais sert les atours d'une soit-disante ouverture, au-delà d'un réseau politique, à une pensée et dynamique sociale. Politique de l'apparence encore et toujours, il est donc logique que cela s'immisce dans les revers de la loi Hadopi. Car un des enjeux pour le gouvernement est aussi de devenir un pays avant-gardiste dans la lutte anti-piratage. Mais le bât blesse lorsque l'on peut constater qu'aucune des sanctions ne furent prouvées non nuisibles et testées au préalable. Arguant que d'autres pays comme les Etats-Unis exercent des condamnations similaires, le Ministère de la Culture se trompe (ment) et est en passe de faire voter une loi liberticide, inaboutie et inexpérimentée. Car qui peut juger de la possibilité de couper internet sans couper la connexion téléphonique que ce soit pour des entreprises, des associations ou des particuliers ? Au jour d'aujourd'hui, qui est en droit de supprimer l'accès à un moyen de travail, de sociabilité et de recherche d'emploie ? La hâte est toujours source de retard....

Internet ne peut se contrer, inutile est une loi répressive. Le gouvernement devrait simplement reconnaître qu'on ne peut contrôler le piratage et que seules la modération et la sensibilisation aux téléchargements légaux peuvent faire barrage. Alors comment faut-il agir : l'heure est de créer un nouveau modèle, d'accepter le changement.

Renseignements :
www.manifestation-contre-hadopi.com

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