Cette sacrée vérité

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Un des plus beaux films du réalisateur Leo McCarey et le parangon du film sur le remariage.

Cette sacrée vérité (The Awful Truth) est sans doute l’un des plus beaux films de Leo McCarey interprété par Cary Grant, Irene Dunne et Ralph Bellamy. Auteur de nombreux courts-métrages burlesques muets, lançant la carrière de Laurel et Hardy, Leo McCarey poursuit sur cette veine dans le cinéma parlant avec les Marx Brothers, mais réalise aussi des films marquants dans des genres variés, comme la screwball comedy avec Cette sacrée vérité, le mélodrame avec les deux versions de Elle et lui et la comédie musicale avec le grand succès des Cloches de Sainte-Marie. C’est une bonne idée qu’a eue Wild Side Vidéo de sortir en combo DVD et BRD ce film remastérisé qui s’impose maintenant comme un chef d’oeuvre et qu’il faut découvrir ou redécouvrir. Avec ses airs un peu farfelus comme le cinéma hollywoodien en avait le secret, et sa texture de marivaudage, le film s’impose comme un beau film d’amour.

 

Jerry et Lucy sont mariés et décident de divorcer car ils se mentent depuis trop de temps. Commence alors entre eux un chassé croisé amoureux à la manière de Marivaux où, sous couvert pour chacun de vivre sa vie, il n’est question que de reconquérir l’autre. Car c’est en se séparant et se partageant leur chien, Mister Smith, qu’ils se rendent compte qu’ils s’aiment et qu’ils ne peuvent plus se séparer. Magnifiquement photographié, interprété superbement par deux stradivarius de la comédie hollywoodienne, et plein de pudeur et d’excentricité, ce film de la fin des années 1930 est un vrai petit bijou enchanteur et passionnant. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait largement servi au philosophe et critique de cinéma, Stanley Cavell pour élaborer sa théorie maintenant devenue célèbre sur le genre du remariage dans son livre A la recherche du bonheur : Hollywood et la comédie du remariage, paru aux éditions Vrin pour la traduction française dans les années 1990. 

Pour la page du célèbre ciné-club de Caen, il s’agit de « l’une des plus célèbres comédies américaines d’avant-guerre et le film le plus connu de McCarey pour cette période. Au cours d’un marivaudage destiné à souligner la force du lien conjugal, McCarey se livre à une suite de variations et d’arabesques sur le désir frustré, le dépit amoureux et la jalousie que les deux ex-époux éprouvent encore l’un vis-à-vis de l’autre pendant la période de quatre-vingt-dix jours qui les sépare de la date effective de leur divorce. La plupart des scènes visent à mettre un des deux protagonistes mal à l’aise, cependant que l’autre triomphe avec une satisfaction non dissimulée jusqu’à ce qu’il se retrouve à son tour dans la situation d’être brocardé par son « adversaire ». Avec une finesse et une élégance sans pareilles McCarey tire parti d’éléments extérieurs à l’action (par exemple le chien M. Smith) de situation de vaudeville (mais le film dans son ensemble n’est pas un vaudeville) ou bien encore de ces astuces inventées par l’un des protagonistes pour démonter et désespérer l’autre. Ces éléments, situations, astuces changent et se renouvellent dans chaque séquence tout en évitant l’écueil de la discontinuité, notamment par un emploi savant des plans très longs. » (https://www.cineclubdecaen.com/realisateur/mccarey/cettesacreeverite.htm)

Leo McCarey. Cette sacrée vérité. Combo DVD & BRD collector. Wild Side Vidéo. Le 12 juillet.

Titre original : The Awful Truth

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Durée : 84 mn


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