Carte blanche à la Cinémathèque de Jérusalem

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Du 4 au 24 janvier, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé offre une carte blanche à la Cinémathèque de Jérusalem et à la Spielberg Jewish Film Archive.

 Du 4 au 24 janvier 2017, la fondation Jérôme Seydoux-Pathé -lieu de référence pour les amoureux du cinéma muet – offre une carte blanche à la Cinémathèque de Jérusalem et à la Spielberg Jewish Film Archive. Une occasion de découvrir une sélection de films muets, pour la plupart inédits en France : fictions, documentaires ou compilations de « vues » – que l’on pourrait rapprocher des premières réalisations des frères Lumière – tirées des archives cinématographiques israéliennes. La Cinémathèque de Jérusalem abrite plus de 32 000 films et documents audiovisuels dont beaucoup sont des copies uniques. De son côté, la Spielberg Jewish Film Archive de l’Université Hébraïque de Jérusalem créée en 1972 regroupe beaucoup de films tournés antérieurement à la création de l’Etat d’Israël.
 

Projetés en 35 mm ou en version numérique, ces films ont été tournés entre 1911 et 1935 par des réalisateurs juifs, en Palestine (la Palestine de l’empire Ottoman puis celle du Mandat britannique) ; ce ne sont donc pas des films israéliens – l’Etat d’Israël datant de 1948. Parfois financé par le Fonds national juif et le Keren Hayessod (une branche de collecte de fonds pour le mouvement sioniste), le cinéma a été utilisé comme arme de propagande : les documentaires montrent ainsi les constructions d’infrastructures modernes, des premières colonies, retracent les prouesses agricoles et technologiques tout en chantant les louanges de l’Etat socialiste juif.

Ces premières œuvres sont conçues comme des outils pouvant aider à la construction d’une identité nationale voire justifiant la présence de « pionniers » juifs sur le sol palestinien en la reliant aux textes bibliques. Oded Hanoded (Oded the wanderer), réalisé par Haïm Halachmi en 1933 en est un exemple. Alors qu’il est en excursion dans le désert avec toute sa classe, Oded s’éloigne pour noter ses impressions de voyage dans le petit carnet que lui a donné son père. Isolé du groupe, il ne se rend pas compte que les autres s’éloignent, le laissant seul, livré à la chaleur et à la soif, avant qu’il soit retrouvé par ses camarades. Le film valorise la présence des pionniers – éleveurs et cultivateurs dans la Vallée de Jezreel – tandis qu’Oded dit ressentir, grâce à cette excursion, ce qu’ont pu vivre les Hébreux en exode avant d’atteindre le pays de Canaan. La Palestine est ainsi assimilée par l’instituteur et le cinéaste à l’Eretz Israël, un terme qui désigne un lieu à la fois géographique, religieux et politique. C’est la Terre Promise. D’un point de vue artistique, ce film présente – comme d’autres œuvres projetées à l’occasion de cette carte blanche – des points communs avec l’esthétique du cinéma révolutionnaire russe dans sa manière de cadrer des fermiers au travail, ses contre-plongées sur les visages ou encore ses gros plans sur les machines agricoles.

Ces vingt jours sont donc l’occasion de découvrir dix films dans la salle de projection de la fondation Jérome Seydoux-Pathé, chaque projection étant de plus accompagnée au piano par un élève de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel.

Carte blanche à La cinémathèque de Jérusalem, à la Fondation Jérôme Seydoux- Pathé, du 4 au 24 janvier
http://www.fondation-jeromeseydoux-pathe.com/


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